L'opération intervient quelques mois après la sélection de Swiftask, en juin dernier, dans le cadre du programme French Tech Scale Up Excellence, qui distingue chaque année des start-up françaises sur leur potentiel de croissance.
Le vrai sujet des directions générales en 2026 : gouverner, pas seulement déployer
Au-delà de l'annonce, cette levée dit quelque chose de l'état du marché. Les dépenses IA des entreprises françaises représentaient 1,78 milliard d'euros en 2024 : un montant encore modeste au regard des ambitions affichées. Aujourd'hui, 45 % des entreprises déclarent flécher leurs investissements prioritairement vers l'intelligence artificielle.
Mais le passage à l'échelle fait apparaître un problème que peu d'organisations avaient anticipé. Après la phase d'expérimentation — quelques assistants conversationnels, des cas d'usage isolés portés par des équipes motivées — vient la phase industrielle. Et celle-ci ne pose pas une question technologique, mais une question d'organisation et de management.
Pour les organisations qui franchissent ce cap, quatre enjeux s'imposent systématiquement : établir une gouvernance claire encadrant la création, la responsabilité et le cycle de vie des agents IA ; garantir la sécurité, la souveraineté et la traçabilité des données métier ; assurer l'accompagnement des utilisateurs pour garantir une adoption réelle ; et enfin, faire évoluer les processus métiers en y intégrant ces agents en profondeur plutôt qu'en simple juxtaposition afin de créer une véritable valeur.
Autrement dit, les entreprises vont devoir apprendre à manager conjointement des collaborateurs humains et des agents IA. C'est une compétence nouvelle, pour laquelle l'outillage reste largement à construire.
L'indépendance comme critère de choix
Sur ce terrain, la question de la dépendance technologique s'invite désormais dans les décisions d'investissement. La concentration du marché autour de quelques acteurs américains conduit un nombre croissant d'organisations — publiques comme privées — à intégrer la maîtrise de leur chaîne IA à leurs critères de sélection.
Swiftask a construit son positionnement sur ce point : une plateforme hébergée en EuropeetCloud Act Proof, et neutre du point de vue des modèles, avec l'accès à plus de 80 modèles d'IA différents. Concrètement, cela permet de choisir le modèle adapté à chaque cas d'usage — arbitrage entre coût, performance et niveau de confidentialité — sans avoir à réécrire ses agents à chaque changement.
C'est un choix d'architecture assumé : éviter que l'adoption de l'IA ne se traduise, à trois ans, par un verrouillage difficile à défaire.
Où en est la plateforme
Lancée fin 2024, la plateforme SaaS de structuration et de déploiement d'agents IA accompagne aujourd'hui plus d'une centaine de clients, pour un parc de 14 000 agents IA en action. Elle donne accès à plus de 80 modèles d'IA, dans un environnement hébergé en Europe et Cloud Act Proof.
Parmi les organisations utilisatrices figurent la Région Pays de la Loire, Priméale, le Groupe Bernard ou encore Mie Câline — un panel qui recoupe secteur public, agroalimentaire, distribution et industrie.
Ce que finance la levée
Les 1,55 M€ sont orientés vers le développement commercial, selon quatre axes.
Le premier est le renforcement de l'équipe de vente directe en France. Le deuxième porte sur le déploiement d'un réseau de partenaires distributeurs, en France et sur plusieurs marchés européens et africains priorisés : Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Afrique du Nord et Madagascar. Le troisième concerne un plan d'actions digital soutenu. Le quatrième, enfin, la présence événementielle, avec une présence sur les salons nationaux et internationaux notamment le Web Summit et Viva Tech.
L'objectif affiché est un doublement d'activité tous les semestres jusqu'à fin 2028.
“La vraie valeur de l'IA en entreprise passe par le déploiement d'agents IA au service des collaborateurs et des processus. Demain, les entreprises manageront plus d'agents IA que de collaborateurs. C'est cette vision qu’accompagne SWIFTASK avec sa solution pour construire, animer et gouverner ces agents au service des organisations. Sur un marché en explosion, notre ambition est d'atteindre les 4M€ de revenus annuels sous 2 ans”Matthieu Lardillet, Directeur Général et co-fondateur de SWIFTASK
Pour aller plus loin : cinq questions à se poser avant de passer à l'échelle
Que vous travailliez avec Swiftask ou non, ces questions méritent d'être tranchées avant d'industrialiser vos usages IA :
Savez-vous combien d'agents ou d'assistants IA sont réellement actifs dans votre organisation aujourd'hui ?
Chaque agent a-t-il un propriétaire métier identifié, au-delà de la DSI ?
Combien de temps vous faudrait-il pour changer de fournisseur de modèle ?
Êtes-vous en mesure de reconstituer ce qu'un agent a produit, pour qui et sur quelles données ?
Mesurez-vous l'adoption, ou seulement le nombre d'agents créés ?
La réponse à ces cinq questions dessine assez fidèlement la maturité d'une organisation en matière de gouvernance IA.
